L'Espagne

Envoi : Mail 1
Date : 10 Octobre 2000
Lieu : Malaga
Kilométrage : 1800

Réveil à 6h30, j'avale le Pertus en guise de petit-déjeuner et achète en bon français ma dernière bonne baguette au col, avant de plonger en roue libre direction Barcelone.

A partir de maintenant je suis un étranger, un nomade, un touriste un peu spécial qui vient de Paris à bicyclette et qui n'a qu'une obscession : Malaga, et un rendez-vous à honorer avec Ellen le 7 octobre. Je pousse la machine et le bonhomme. Les journées s'allongent. Je me fixe 120km par jour. Mon talon d'Achille droit, qui fait des siennes depuis mon départ trop violent, tempère ma véhémence.

Costa Brava-Costa Daurada même combat : exploitation outrancière du tourisme et prix exorbitants. Mais passer par la côte est le prix à payer pour les routes plates. Mon journal de bord disparait à Barcelone, ma sacoche de tente mysterieusement ouverte pendant que j'achetais ma ration quotidienne de pâtes. Je débarque en espagne comme un étranger qui jugerais la France en débarquant à St Trop.

A Peniscola, j'explose : 110F la misérable place de camping qui en plus d'ètre chère, est franchement dégueulasse.
A partir de Valencia, je quitte enfin cette côte inhospitalière et pénêtre réellement en Espagne. Les rencontres commencent, et les cols aussi. Je ne parle que quelques mots d'Espagnol, eux ignorent l'anglais et le français. Je suis en Chine. Je mime. On se comprend. L'hospitalité espagnole commence à se dévoiler.

Entre Alméria et Malaga, je fais une impasse à mon voyage en chargeant mon vélo dans un bus pour être à l'heure à mon rendez-vous à Torremolinos. La Costa del Sol ne m'attire de toute façon assez peu, la monotonie du tourisme y reprend ses droits. Mais pour une semaine j'y goutte avec délice, je loge â l'hôtel et mes pâtes resterons dans leurs sacoches.

Voilà, dans quelques jours je quitte ce havre de paix pour reprendre la route. Je suis à deux jours de Gibraltar... là-bas commence un autre voyage.